"Palimpseste" de Charles Stross
Drame écologique, guerre nucléaire, catastrophe naturelle... À plus ou moins long terme, toute civilisation est vouée à disparaître. Cela s'est d'ailleurs produit des millions de fois depuis la formation de notre planète.
Pour préserver l'humanité de ces inévitables apocalypses, des agents venus d'un lointain futur voyagent tout au long de l'histoire de la Terre : à chaque fin du monde, ils sauvent ce qui peut l'être, et permettent ainsi à notre espèce de renaître de ses cendres. Mais toute intervention sur l'histoire a des conséquences, parfois tragiques...
Pierce est l'un de ces agents, un patrouilleur du temps promis à une brillante carrière. Pourtant, sa vie bascule le jour où sa famille et l'époque qui l'abritait sont « effacées » par une nouvelle version de l'histoire, tel un palimpseste. Son seul espoir réside à la fin des temps, où sont archivés tous les pans disparus de l'histoire.
Dans l'infini des possibles, retrouvera-t-il celle qu'il aime ?
Résumé
Pierce est un australien de début du XXe siècle. Enfin, était, plutôt. Il est maintenant un agent de la Stase, organisation de redresseurs de temps. Car l'humanité a une réelle et fâcheuse tendance à l'auto-destruction ou à l'extinction. La tâche de cette organisation est de garder une histoire humaine. Elle s'assure que chaque extinction n'est pas totale et pourra conduire vers un avenir.
Pierce est devenu un apatride temporel dans la multitude des Histoires possibles. Il intervient pour réécrire tel ou tel embranchement vers la direction voulue. Mais le temps est capricieux et l'homme imprévisible. Une intervention mal maîtrisée peut détruire une multitude de possibles ou créer un noeud, une boucle, un palimpseste. Heureusement les "Affaires Internes" veillent sur l'histoire et surveillent les agents de la Stase.
Mais qui sont ces ennemis qui s'égrènent dans les fils infinis du temps : les Affaires Internes, une organisation ennemie, ou peut-être d'autres lui-même qu'il n'a pas encore rencontrés ou qui ont divergé ?
Lecture
Ce livre m'a fait penser au diptyque "Les Falsificateurs, Les éclaireurs" de Antoine Bello de par son thème. Mais ici c'est le temps même qui est réécrit, pas la relation qu'en font les hommes. On pense aussi bien sur à la série "La patrouille du temps" de Poul Anderson. Pourtant le traitement est ici totalement différent, plus que l'aventure personnelle, c'est une réflexion sur l'aventure de la civilisation. On est bien ici dans la science-fiction plus précisément de la hard-science.
Comme dans "Crépuscule d'acier", la place faite aux explications scientifiques, ou pseudo scientifiques, je ne suis pas capable de juger, et aux grandes envolées technologiques, m'a gêné. Les personnages sont par trop exogènes et succincts et je regrette ce manque d'humanité. Les motivations personnelles sont très peu développées. On suit plus une civilisation que des personnes. La science et l'exercice raisonnable prévalent. Je crois ne décidément pas être un fan de ce type de SF.
L'histoire est par contre parfaitement menée et maîtrisée. Malgré sa complexité, le récit reste logique et compréhensible. Les paradoxes temporels n'existent pas puisque le temps est admis ici non linéaire. La sociologie des civilisations et les technologies planétaires sont bien intégrées, bien que pour moi parfois rébarbatives. L'ensemble reste cependant ancré dans un monde qui nous est relativement familier, comme la similitude Stase/Stasi.
Ce livre a obtenu le prix Hugo 2010, La plus haute distinction pour un ouvrage de science-fiction. Ses qualités techniques et narratives sont indéniables.
Je n'arrive cependant pas à m'immerger totalement dans ce type de livre. Même s'il aborde la primauté de l'homme sur la société, même s'il montre le pouvoir de l'individu sur l'histoire et le caractère par nature corrupteur de tout pouvoir, l'ensemble se fait dans un monde désincarné qui repousse le lecteur. On sent d'ailleurs l'auteur bien mal à l'aise lorsque qu'il tente de s'aventurer sur le terrain des sentiments.
Conclusion
Un livre de grande qualité mais qui ne m'a pas vraiment plu.
Ma note : 13/20






Commentaires
Il semble qu'une fois de plus, la SF laisse place libre à la noirceur, ce que j'ai de peine à appréhender en lecture !
13/20, le suivant ne pourra être que meilleur !
Bisous
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